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The Yakuza Papers, Vol. #5: Final Episode

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les avis de Cinemasie

1 critiques: 3.75/5

vos avis

6 critiques: 3.92/5

visiteurnote
shaman 3
Pikul 4
k-chan 4.25
Izzy 4.5
Cuneyt Arkin 4
bruce randylan 3.75


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

La fin, enfin... ou helas!

Arrivé au dernier épisode la série il est intérressant de faire le bilan des éléments qui font des Jingi naki tatakai plus que plusieurs (très) bons films, qui en font une grande fresque en cinq épisodes. Comme dans toute bonne série l'on trouve des effets de signature, des gimmicks que l'on retrouve d'un épisode à l'autre. S'il y en a à foison ils sont pour la plupart tous très révélateurs: - La musique tout d'abord: le fabuleux thème de Toshiaki Tsushima revient d'un film à l'autre avec quelques modifications. Parfaitement en phase avec la violence des films, ils apportent un surcoit important d'ironie, tout en scandant idéalement les accès de violence les plus saillants. - Les images d'archives intégrées (le plus souvent au début des films) qui intégrent la série dans le contexte historique et sont le plus souvent un moyen de planter un décor et de mettre en place les éléments de l'histoire. - Le recours au résumé des épisodes précédents, comme dans une vraie série télévisée, mais avec cette dimension suplémentaire qu'ici elle est souvent intégré à la narration. La conclusion même du film récapitule dans une perspective particulièrement amère le chemin pacouru en 25 années. - Chaque film se cloture sur une vue du Genbaku dôme d'Hiroshima, lieu hautement symbolique s'il en est (inutile de rappeller que le premier plan de combat sans code d'honneur est une photo du champignon atomique!) qui rappelle que la ville d'Hiroshima n'est évidemment pas choisie en vain. En tant que symbole de la violence de la guerre, elle est un lien entre la violence du passé et celle du présent. Il ne s'agit pas seulement d'ironie: ce rappel est aussi hautement pessimiste! la violence d'hier ne peut rien prévenir de la violence d'aujourd'hui. Si les films sont majoritairement construit autour du personnage campé par Bunta Sugawara, il faut aussi remarquer que deux d'entre eux le mettent pratiquement totalement entre parenthèse (Deadly fight in Hiroshima et Final episode oµ il n'apparait qu'une demi heure). L'importance des seconds rôles n'est égal qu'à leur nombre extrèmement élevés. S'il y en a qui reviennent de façon régulière (Akira Kobayashi par exemple) il y en a qui ne sont présents que dans un seul film où ils tiennent quasiment le rôle principal (Shoji aka Kinya Kitaoji dans DFIH, et Jo Shishido dans Final episode). Le casting est parfaitement équilibré autour de ce mouvement de va et vient d'un épisode à l'autre. Autour d'un Bunta Sugawara incroyable mais qui n'écrase pas les autres protagonistes, autant d'acteurs parfaits (Kobayashi mais aussi Matsukata Hiroshi et bien d'autres) et une clique d'acteurs invités qu'on se plait à retrouver (Jo Shishido, Sonny Chiba, Tetsuro Tamba en cameo dans Proxy wars, Meiko Kaji dans DFIH). La réalisation de Fukasaku est évidémment un des points centraux de la réussite Jingi naki tatakkai. Si l'on peut se plaindre que le style n'évolue pas d'un épisode à l'autre, il faut aussi recconaitre que cela donne à la série une homogénéité indéniable. Fait de travellings frénétiques, de zooms hasardeux, de plans penchés, le tout est un ode au bordel, le foutoir devenu style. Aussi bordélique que le foison de personnages secondaires, la réalisation calque parfaitement le foutoir qu'est le Japon de l'après-guerre et qu'est peut-être le Japon tout court (la conclusion, particulièrement pessimiste ne semble gure s'illusionner sur l'avenir du crime au Japon: le dome de la paix a beau être toujours là, les jeunes succèdent aux vieux dans des combats meurtrier). Ettouffante (même dans les rues on a l'impression que les personnages sont à l'étroit, que la caméra ne tient que par miracle), l'ambiance est cise sur elle-même dans un monde sans échapatoire qui travaille à sa destruction. Toutes ces données dessinent un portrait saisissant et particulièrement noir du Japon. Le genbaku dome que Fukasaku souligne à chaque épisode dresse le bilan: le désir de paix après la violence insensée de la guerre atomique est vain car nul n'est à même d'enrayer la violence. Il ne s'agit que d'un voeu pieux, d'un désir improbable auquel Hirono finit par rennoncer. Tout cela fait que Jingi naki tatakai doit plus être considéré comme une totalité qu'une série de partie. Peu importe la qualité de chaque volet séparément. Même s'il faut reconnaitre qu'après le premier épisiode nettement supérieur aux quatre autres la qualité et l'intensité diminuent, le plaisir de suivre ne s'amenuise pas, au contraire s'accentue, comme par un effet d'accumulation. A chaque fois la même chose, à chaque fois différent, les films se suivent et puisent leur force dans les autres, dans le dessin global qu'il dessinent: un portrait sans concession d'un monde déserté par le jingi.

20 octobre 2006
par Cuneyt Arkin


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